Adimi © Hermance Triay c

AUDIN Michèle 2017 photo Francesca Mantovani - éditions Gallimard 9822

Michel Bernard
Paris septembre 2017

Dreyfus

Sebastien Spitzer ©Pierre Villard, SIPA

Après un appel à candidatures, 12 abonnés de La Médiathèque de Levallois, 10 lectrices et 2 lecteurs, ont été sélectionnés pour distinguer un roman historique publié entre août 2017 et janvier 2018. Doté de 2000 euros par So Ouest, le Prix des lecteurs de Levallois sera remis lors du Salon le dimanche 11 mars 2018. Le lauréat succèdera à Carole Martinez, Jean-Michel Guenassia, Lola Lafon, Jean Mattern, Kéthévane Davrichewy et Jean-François Roseau, lauréat en 2017 pour La Chute d’Icare (Éditions de Fallois).

Effectuée en partenariat avec la rédaction de l’hebdomadaire Le Point, la sélection comporte 9 titres.

14h45
Remise du Prix
Salle des mariages
Animé par Karine Papillaud

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Nos richesses de Kaouther Adimi (Le Seuil)

En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et il rentre à Alger avec une seule idée en tête, prendre exemple sur Adrienne Monnier et sa belle librairie parisienne. Sa vocation est de choisir, d’accoucher et de promouvoir de jeunes écrivains de la Méditerranée sans distinction de langue ou de religion. Placée sous l’égide de Giono, sa minuscule librairie est baptisée Les Vraies richesses. Et pour inaugurer son catalogue, il publie le premier texte d’un inconnu, Albert Camus. Charlot exulte, ignorant encore que vouer sa vie aux livres c’est aussi la sacrifier aux aléas de l’infortune et de l’Histoire.

En 2017, Ryad a le même âge que Charlot à ses débuts. Mais lui n’éprouve qu’indifférence pour la littérature. Étudiant à Paris, il est de passage à Alger avec la charge de repeindre un local poussiéreux où les livres céderont bientôt la place à des beignets. Pourtant vider ces lieux se révèle étrangement compliqué par la surveillance du vieil Abdallah, le gardien du temple.

Née à Alger, Kaouther Adimi vit et travaille à Paris. Son premier roman, L’Envers des autres (Actes Sud) a obtenu le prix de la Vocation ; le suivant, Des pierres dans ma poche (Le Seuil), a bénéficié d’un beau succès critique.

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Comme une rivière bleue de Michèle Audin (Gallimard)

Comme une rivière bleue, c’est le roman de la Commune de Paris, non pas du point de vue de ceux qui l’ont fuie pour Versailles et qui se sont chargés plus tard de la dénaturer, mais de quelques-uns de ceux qui y sont restés et en lesquels elle s’est incarnée. Une petite foule de personnages : Maria, Paul, Marthe, Floriss… qui vivent, aiment, espèrent, travaillent, écrivent, se battent et meurent dans une ville qui est encore à peu près la nôtre.

L’histoire de ces jeunes communards commence avec la prise du Journal Officiel, le lendemain de la fuite du gouvernement Thiers. Elle se poursuit jour après jour à travers la ville, lors de fêtes sur les places ou de débats fiévreux sur les réformes, à l’Hôtel de Ville ou sur les fortifications, la nuit dans les salles de concert ou le secret des chambres… Puis dans les massacres, avec les innombrables disparus, les dénonciations et le sort de ceux qui réussissent à s’échapper.

Le roman de Michèle Audin nous entraîne dans la ville assiégée et ses faubourgs populaires, avec les hommes et les femmes qui y sont enfermés, des inconnus et des obscurs qui fabriquent cette « révolution qui passe tranquille et belle comme une rivière bleue ».

Mathématicienne de profession, Michèle Audin s’est lancée dans l’écriture de romans en 2013 avec Une vie brève, consacré à son père mort en Algérie.

Le Bon cœur de Michel Bernard (La Table ronde)

Le Bon Cœur est le roman d’une voix, celle d’une paysanne de dix-sept ans qui retint le royaume de France sur le bord de l’abîme, le sauva et en mourut. Elle changea le cours de l’Histoire en réveillant dans le cœur usé des hommes la force de croire et d’aimer.
Michel Bernard, homme de l’Est, avait quelques raisons de s’intéresser à cette figure la plus célèbre d’une certaine mythologie française. Jeanne concentre les grands thèmes de son œuvre, elle incarne pour reprendre le titre d’un de ses précédents livres « le corps de la France », un corps que l’on croit détruit mais qui ressuscite sans cesse.

Michel Bernard est haut fonctionnaire. Il est notamment l’auteur de La Tranchée de Calonne en 2007, couronné par le Prix Erckmann-Chatrian, et Deux remords de Claude Monet, Prix Libraires en Seine 2017.

Où passe l’aiguille de Véronique Mougin (Flammarion)

Et voici Tomas, dit Tomi, gaucher contrariant, tête-de-mule, impertinent comme dix, débrouillard comme vingt, saisi par la déportation dans l’insouciance débridée de son âge – 14 ans. Ce Tom Sawyer juif et Hongrois, dont les principaux sujets de préoccupation étaient, jusqu’au printemps 1944, les filles, le cinéma et la bagarre, bascule dans le trou noir concentrationnaire avec toute sa famille.
Affecté à l’atelier de réparation des uniformes rayés alors qu’il ne sait pas enfiler une aiguille, Tomas y découvre le pire de l’homme et son meilleur : les doigts habiles des tailleurs, leurs mains invaincues, refermant les plaies des tissus, résistant à l’anéantissement. À leurs côtés, l’adolescent apprendra le métier et sauvera sa peau. La couture, dès lors, agira en lui comme un antidote au malheur.
Des confins de l’Europe centrale au sommet de la mode française, de la baraque cinq aux défilés de haute couture, Où passe l’aiguille retrace le voyage de Tomas, sa vie miraculeuse, déviée par l’histoire, sauvée par la beauté, une existence exceptionnelle inspirée d’une histoire vraie.

Véronique Mougin est l’auteur de plusieurs essais et d’un roman, Pour vous servir (Flammarion, 2015).

Le Déjeuner des barricades de Pauline Dreyfus (Grasset)

Mai 68 : tous les cocktails ne sont pas Molotov. À quelques centaines de mètres de la Sorbonne où les étudiants font la révolution, l’hôtel Meurice est occupé par son personnel. Le plus fameux prix littéraire du printemps, le prix Roger-Nimier, pourra-t-il être remis à son lauréat, un romancier inconnu de vingt-deux ans ?

Sous la houlette altière et légèrement alcoolisée de la milliardaire Florence Gould, qui finance le prix, nous nous faufilons parmi les membres du jury, Paul Morand, Jacques Chardonne, Bernard Frank et tant d’autres célébrités de l’époque comme Salvador Dalí et J. Paul Getty. Dans cette satire des vanités bien parisiennes passe le personnage émouvant d’un vieux notaire de province qui promène son ombre mélancolique entre le tintement des verres de champagne et les réclamations de « rendre le pouvoir à la base ». Une folle journée où le tragique se mêle à la frivolité.

Pauline Dreyfus est romancière. Elle a publié chez Grasset Immortel, enfin, lauréat du prix des Deux Magots en 2012 et Ce sont des choses qui arrivent récompensé par le Prix Albert-Cohen en 2014

Un océan, deux mers, trois continents de Wilfried N’Sondé (Actes Sud)

Il s’appelle Nsaku Ne Vunda, il est né vers 1583 sur les rives du fleuve Kongo. Orphelin élevé dans le respect des ancêtres et des traditions, éduqué par les missionnaires, baptisé Dom Antonio Manuel le jour de son ordination, le voici, au tout début du XVIIe siècle, chargé par le roi des Bakongos de devenir son ambassadeur auprès du pape. En faisant ses adieux à son Kongo natal, le jeune prêtre ignore que le long voyage censé le mener à Rome va passer par le Nouveau Monde, et que le bateau sur lequel il s’apprête à embarquer est chargé d’esclaves…
Roman d’aventures et récit de formation, Un océan, deux mers, trois continents plonge ce personnage méconnu de l’Histoire, véritable Candide africain armé d’une inépuisable compassion, dans une série de péripéties qui vont mettre à mal sa foi en Dieu et en l’homme. Tout d’ardeur poétique et de sincérité généreuse, Wilfried N’Sondé signe un plaidoyer pour la tolérance qui exalte les nécessaires vertus de l’égalité, de la fraternité et de l’espérance.

Né en 1968 à Brazzaville, Wilfried N’Sondé est écrivain et musicien. Il se produit régulièrement en France et en Allemagne, et publie son œuvre littéraire chez Actes Sud. Ses romans sont traduits aux États-Unis et en Italie.

Niels d’Alexis Ragougneau (Viviane Hamy)

Danemark 1943, Niels Rasmussen rencontre Sarah à la rousse chevelure. Il rejoint alors la Résistance et devient le saboteur de génie qui remodèle la ville occupée, à coups d’explosifs. Quand le conflit mondial s’achève, Sarah attend un enfant et les héros sont prêts à recueillir leurs lauriers. Pourtant, une page du Parisien Libéré glissée dans un courrier anonyme va infléchir le destin. Dans la rubrique “Épuration”, Niels lit : C’est le 7 mai que le dramaturge Jean-François Canonnier, actuellement détenu à Fresnes, passera devant la Cour de justice de la Seine. Il sera défendu par maître Bianchi.
Éperdu d’incompréhension et pour sauver son « frère de cœur », il entreprend une odyssée qui fera vaciller toutes ses certitudes quant à l’héroïsme, la lâcheté, la Résistance et la collaboration.
Roman d’aventures, enquête introspective, Niels fait fi des genres littéraires et nous soumet à la question : Et vous, qu’auriez-vous fait ?

Alexis Ragougneau a emporté avec ses deux premiers romans l’enthousiasme des lecteurs, des libraires et des journalistes. Auteur de théâtre, il a publié plusieurs pièces qui ont été jouées en France, en Belgique et en Suisse.

La Vespasienne de Sébastien Rutés (Albin Michel)

Novembre 1941. Paul-Jean Lafarge, directeur de La Revue des lettres, est un homme sans opinion ni autre passion que la poésie. Depuis sa fenêtre, il observe la vespasienne de sa rue, où se pressent habitués et inconnus. Jusqu’au jour où, constatant un étrange manège, il s’y rend et y découvre un pistolet et deux chargeurs.
C’est le début d’un engrenage qui va bouleverser un quotidien étriqué que même la guerre n’avait pas ébranlé. Paul-Jean Lafarge est sommé de choisir son camp, tandis que la vespasienne, espace jadis neutre, devient la scène où s’affrontent les passions d’un univers en flammes…
Dans ce tableau cruel et drôle du Paris occupé, hanté par les fantômes de Montherlant, Brasillach et Drieu la Rochelle, Sébastien Rutés fait de la vespasienne une allégorie de la débâcle politique et morale d’une époque.

Sébastien Rutés a publié plusieurs essais et de nombreux articles consacrés à la littérature latino-américaine. La Vespasienne est son 5e roman.

Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer (L’Observatoire)

Sous les bombardements, dans Berlin assiégé, la femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l’Allemagne nazie. L’ambitieuse s’est hissée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu’elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s’enfonce dans l’abîme, avec ses secrets.

Au même moment, des centaines de femmes et d’hommes avancent sur un chemin poussiéreux, s’accrochant à ce qu’il leur reste de vie. Parmi ces survivants de l’enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est la dépositaire d’une tragique mémoire : dans un rouleau de cuir, elle tient cachées les lettres d’un père. Richard Friedländer, raflé parmi les premiers juifs, fut condamné par la folie d’un homme et le silence d’une femme : sa fille.
Elle aurait pu le sauver.
Elle s’appelle Magda Goebbels.

Journaliste, Sébastien Spitzer publie ici un premier roman remarqué qui a figuré dans la première liste du prix Goncourt 2017.

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